Pensées de Pâques : « A moi aussi, le Christ est apparu. »

mercredi 8 mai 2019 0

« A moi aussi, le Christ est apparu »                                                                                                    Saint-Paul, (I Corinthiens 15, 8)

L’apôtre Paul apporte sa conversion sur le chemin de Damas comme preuve de la Résurrection de Jésus. Il a fallu pour le convaincre cette expérience personnelle, car bien que le Ressuscité s’est montré aux disciples, à Marie et à plus de 500 frères, Paul n’y avait pas cru, tant que le Christ n’était pas apparu à ses propres yeux. Nous en sommes tous là ; et c’est ce qui explique que la résurrection soit niée par les uns et affirmée par les autres.

Ainsi, chaque fois qu’une personne se convertit, elle apporte une confirmation nouvelle au message de Pâques. La conversion est la révélation joyeuse du Christ vivant. La lecture de la Bible ne la produit pas à elle seule. On peut se faire une image émouvante de Jésus et demeurer encore dans l’obscurité et n’apporter au culte qu’on lui rend que les sentiments des femmes allant au tombeau.

La bonté du Christ, ses miracles, ses paraboles, le geste de sa main, le regard de ses yeux, voilà ce qui revient à leur mémoire du fond d’un passé merveilleux mais anéanti, triste et doux comme leurs parfums de morts. Si de tels souvenirs mènent au tombeau où l’on pleure, ils ne conduisent pas aux combats où on triomphe. Pour devenir un disciple, il faut l’apparition du Ressuscité. Les apôtres n’ont vraiment cru au fils de Dieu que par sa résurrection.

Nous le savions pour Jean (Jean 20, 8). Pierre l’affirme (Actes 2, 32, 36). Paul le confirme (Romains 1, 4). C’est le Christ vivant qui leur a dévoilé le secret du Christ terrestre et les a convertis au Fils de Dieu. Les historiens, les philosophes, les poètes se plaisent à écrire sur Jésus des pages enthousiastes. De tels éloges ne dépassent guère ceux qu’on décerne à Socrate, à Platon ou à Marc Aurèle.  Le principal qui manque à leur ressemblance est la résurrection du Christ.

Avez-vous un soir, sondé le vide de la vie que vous meniez et courbé le front sous les reproches de votre conscience éveillée ? Avez-vous pressenti à côté de vous, l’existence des réalités merveilleuses, vers lesquelles vous tendiez les mains, comme l’aveugle au seuil du temple fermé ? Avez-vous désiré la paix d’une protection contre les incertitudes de la vie et les misères de votre cœur et celles du monde ? Et puis dans le silence, votre trouble ne s’est-il pas apaisé, parce qu’il vous semblait qu’une voix vous parlait et qu’un invisible ami s’était mis à côté de vous ? N’avez-vous pas senti qu’à ses côtes, une force irrésistible vous soulevait tout à coup, comme pour aller avec lui conquérir le monde ? Alors vous avez compris la fête de Pâques car le Christ vous est aussi apparu.

Nous ne connaissons pas les pensées de l’apôtre Paul au moment précis où la Vision transforma sa vie. Sans doute, de violents combats se livraient en lui, si nous en croyons sa pénétrante étude psychologique de la conversion (Romains 6, 3 – 12), évidemment puisée dans son expérience même. Le Christ ressuscité n’apporte sa vie nouvelle qu’à ceux dont le péché a été crucifié avec lui. Sans cette mort intérieure dont parle l’apôtre, et par laquelle « est détruit le corps du péché », point de résurrection. Pâques n’a de message que pour ceux qu’a secoués la tempête de Golgotha.

Paul ayant eu sa vision, croit désormais en celle des autres. La preuve qu’il apporte se trouve aussitôt maintes fois confirmée ; il a suffi d’un rayon pour lui révéler toute la lumière. Et de même aujourd’hui, la réalité immense de la résurrection éblouit le cœur du nouveau disciple dès la première clarté de sa pauvre expérience personnelle. C’est bien là la gloire de Pâques. A peine le Christ vivant a-t-il resplendi sur notre vie, que nous pouvons nous apercevoir aussitôt qu’il remplit le monde. Son nom vient à nous de toutes les lèvres, nous retrouvons partout son influence. Le voici quand une personne s’ouvre à sa parole, quand une prière faite en son nom monte dans le silence vers Dieu penché pour l’entendre, quand deux ou trois se rassemblent pour se réchauffer à son amour.

A la célébration de la fête de Pâques, nous avons médité le ravissement des femmes qui, après avoir constaté que le tombeau était vide, ont crié « il est vivant ».

Vivant ! ce mot a résonné jusqu’au fond du sépulcre, jusqu’au fond du cœur ; il a brusquement jetté sa joie sur elles et sur la nature autour d’elles ; il a fait se lever une clarté dans leur âme et réveilla l’aurore au fond des cieux.

Vivant ! ce cri a fondé le christianisme et ramené sur la terre toute l’espérance. Serait-il possible que la force de Pâques s’éteigne dans la tiédeur de l’Église ? Si on ôtait ce jour de nos souvenirs, on enlèverait le Royaume de nos espérances, et si la terre n’a pas entendu ce seul cri de joie, l’éternité toute entière est muette comme la tombe.

Mais Christ est vraiment ressuscité, et il nous est apparu, à nous aussi.

pasteur Laza Nomenjanahary


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