Un nouveau site Internet dans l’esprit de la Réforme

dimanche 17 septembre 2017 0

Depuis quelque temps, l’hebdomadaire Réforme s’est mis à publier des éditoriaux filmés sur YouTube. Lorsqu’on voit le peu de succès que rencontrent — pour l’instant — ces vidéos, on se dit que les protestants sont par nature bien meilleurs à l’écrit qu’à l’image ! Une hypothèse pas si absurde, car la raison viendrait de loin. Il y a 500 ans, la Réforme aurait eu bien peu de souffle sans la nouvelle imprimerie grâce à laquelle elle eut le vent en poupe. De celle-ci a découlé une foule de petits libelles peu chers à imprimer et qui pouvaient être facilement partagés. Première supériorité de l’écrit.

Par ailleurs, les réformateurs ont contesté très tôt à l’Église romaine le magistère de l’interprétation des Écritures. Au lieu de cela, ils ont élevé l’herméneutique — l’interprétation — au rang d’art, tout en la rendant accessible à tous grâce à la traduction de la Bible. Comment réfléchir à tête reposée à un discours qui n’est même pas écrit ? L’éducation humaniste plaçait haut cet idéal de précision : « On éduque l’homme en le mettant en contact avec les hommes du passé, résumait le philologue italien Eugenio Garin. Car grâce (…) à la confrontation avec des paroles précises et non pas fausses et banales, l’esprit est pratiquement obligé de se retrouver lui-même, de prendre position, de prononcer à son tour des mots adéquats et précis. » Il faut pour raisonner du net, du vrai : de l’écrit. Deuxième supériorité.

Mais si les protestants ont voulu que chaque fidèle lise lui-même la Bible, ils n’ont jamais voulu laisser le lecteur seul dans son coin. Sans confrontation, on aurait ouvert la voie à des interprétations peu éclairées et stériles du texte. Au contraire, les textes sont débattus ensemble au sein de la paroisse et les opinions se bâtissent à travers l’échange.

Alors notre nouveau site Internet, lisible depuis un ordinateur ou un smartphone, a justement été conçu comme un lieu de réflexion où chacun pourra y trouver des commentaires de la Bible, les références des lectures bibliques de la semaine et toutes les informations pratiques sur nos activités. Mais comme le voulait le pasteur, le site permet également de lui poser des questions, de s’inscrire aux prochaines études bibliques, proposer des sujets pour l’étude biblique. Comme une porte ouverte, entre nous et sur le monde. ■

Raphaël Georgy, paroissien TSM, webmaster du site


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