De quoi revêts-tu ton cœur ?

mercredi 18 octobre 2017 0

L’été s’éloigne, l’automne arrive. Il faut ressortir les habits plus chauds car la fraîcheur va bientôt s’installer. Notre cœur, lui aussi, commence à se sentir un peu frileux. Il voudrait s’enfermer, être enveloppé de plusieurs couches de vêtements pour rester bien à l’abri, préservé du regard des choses et des êtres qui nous entourent. Et l’on pourrait prendre pour devise cet adage : « pour vivre heureux, vivons cachés ».

Certains épisodes racontés dans la Bible nous montrent des histoires de cache-cache entre l’homme qui tente d’échapper au regard de Dieu, et Dieu qui passe son temps à lui courir après pour le regarder face à face : tel Adam qui se cache de Dieu, derrière des arbres, dont le premier geste pour se protéger fut de confectionner un vêtement, tel Jacob qui endosse l’identité de son frère, pour recevoir la bénédic­tion de son père… Ces récits nous amèneraient à penser que la « réussite » ne peut être liée à un risque de s’exposer devant Dieu tel que nous sommes, alors qu’en fait, il faut risquer.

Puis, après des siècles de course poursuite, Dieu, dans son désir de découvrir l’homme, a mis ce dernier au pied du mur en se laissant crucifier. La croix, certes, est un instrument de mort, mais elle a ceci de particulier : elle est l’expo­sition de tout ce qu’est la personne face au monde, au froid, à la nuit, au mal. La croix n’est pas cachée. Elle est exposition face aux hommes. La nudité et la mort deviennent ainsi obscènes, puisqu’il est donné à chacun de voir le condamné dénudé, faiblir, s’éteindre et mou­rir. Et il est parfois vrai que nous n’aimons pas trop nous montrer faibles auprès des autres.

La croix dénude à la fois Dieu, et l’homme. Dieu se dénude complètement face à l’homme. Il ouvre les bras, se laisse crucifier. La toute-puissance divine se remet entre les mains de l’impuissance humaine. Lorsque nous communions à la sainte cène, Dieu se laisse prendre dans nos mains : un petit morceau de pain qui tient dans notre main, que nous pourrions refermer et ouvrir à volonté. Exposition donc de la nudité to­tale de ce qu’est Dieu et ce qu’il veut vivre avec l’homme. Mais aussi, exposition de la nudité de l’homme, de celui qui passe. Le mal dans le monde et chaque événement, que ce soit de l’événement personnel, familial, ou mondial, révèlent ce que nous pensons de qui est Dieu : est-Il d’amour ou d’indifférence, de paix ou de violence, d’égoïsme ou de partage ? …

Dieu met l’homme au pied du mur dans ce qu’il y a de plus incompréhensible : la croix. Et quand Dieu nous met au pied du mur, chaque mal semble nous égratigner, nous faire souffrir et pourrait nous donner envie de nous replier sur nous-mêmes et de nous mettre un nouveau vêtement sur les épaules. Et là, Dieu nous pose la question : de quoi revêts-tu de ton cœur ?

Amis, cherchons dans notre vie ce que nous ne voulons, ni osons toujours exposer, pour y découvrir ce lieu de transfiguration et de résurrection que nous sommes tous appelés à vivre. La Parole de Dieu nous réchauffe et nous couvre : notre vie n’est plus cachée en nous-même, mais en Dieu.

Pasteur Laza Nomenjanahary


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