Dimanche 8 novembre – « Être à sa présence, avec ou sans huile »

dimanche 8 novembre 2020 0

Prière de collecte 

Dieu notre Père, dans ta miséricorde, tu as fait de nous ton peuple. Fais-nous connaître ta volonté et remplis-nous de toute sagesse et intelligence spirituelle, afin que nous menions une vie digne de toi, par Jésus-Christ, ton Fils, notre Seigneur, qui vit et qui règne avec toi, Père, et le Saint-Esprit, un seul Dieu pour les siècles des siècles.

(cf. Classeur de liturgie de l’ancienne ANELF, collecte A, 24ème dimanche, p.91)

Matthieu 25, 1 – 13

Alors le royaume des cieux sera semblable à dix vierges qui, ayant pris leurs lampes, allèrent à la rencontre de l’époux. 2 Cinq d’entre elles étaient folles, et cinq sages. 3 Les folles, en prenant leurs lampes, ne prirent point d’huile avec elles ; 4 mais les sages prirent, avec leurs lampes, de l’huile dans des vases. 5 Comme l’époux tardait, toutes s’assoupirent et s’endormirent. 6 Au milieu de la nuit, on cria : Voici l’époux, allez à sa rencontre ! 7 Alors toutes ces vierges se réveillèrent, et préparèrent leurs lampes. 8 Les folles dirent aux sages : Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s’éteignent. 9 Les sages répondirent : Non; il n’y en aurait pas assez pour nous et pour vous; allez plutôt chez ceux qui en vendent, et achetez-en pour vous. 10 Pendant qu’elles allaient en acheter, l’époux arriva; celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces, et la porte fut fermée. 11 Plus tard, les autres vierges vinrent, et dirent: Seigneur, Seigneur, ouvre-nous. 12 Mais il répondit: Je vous le dis en vérité, je ne vous connais pas. 13 Veillez donc, puisque vous ne savez ni le jour, ni l’heure.

Méditation (pasteur Laza Nomenjanahary)

La plupart du temps, quand on n’y prête pas assez attention, les paraboles racontées par Jésus sont prétexte à trouver une leçon de morale, plutôt que de se risquer à y chercher le sens profond d’un Evangile décapant, une Bonne nouvelle pour nous.

Ainsi, la morale de la parabole des 10 jeunes filles, je l’ai entendu souvent depuis mon enfance, puis l’ai lu dans plusieurs commentaires bibliques : la morale souvent entendue, c’est qu’il faut prendre l’attitude des femmes prévoyantes, celles qui n’ont pas dormi, et ne pas imiter les jeunes filles insensées qui assoupies se sont endormies. Et nous, chrétiens, à l’exemple des demoiselles sages, nous devrions résister au sommeil, rester éveillés, rester en état d’alerte.

Mais en la relisant, je suis tombé sur ce que je n’avais pas bien remarqué auparavant, c’est au verset 5 de cette parabole : comme l’époux tardait, toutes, elles s’assoupirent et s’endormirent. Ce qui veut dire que les dix jeunes filles, les 5 prévoyantes comme les 5 insensées, toutes dormaient ! Une prédication de type classique, et souvent entendue, nous proposerait la vigilance comme pointe de la parabole. Et pourtant il semble bien qu’il faille déceler autre chose.

Si donc toutes elles dorment et toutes elles se réveillent ensuite, quel est le retournement que l’auteur de l’Evangile veut faire opérer chez l’auditeur et le lecteur ? Qu’est ce qui n’a pas fonctionné pour que cette histoire conduise à ce que 5 jeunes filles ne soient pas acceptées à la fête de noces ? Qu’auraient-elles fait de mal ? On ne peut pas leur reprocher le sommeil puisque les 5 autres, elles aussi, ont dormi !

Le problème, c’est que quand l’époux est arrivé, finalement, les 5 jeunes filles insensées n’étaient pas là. C’est leur absence qui fait le problème dans cette parabole. Voilà la pointe de la parabole. Pourquoi ? Eh bien parce qu’au moment de l’arrivée de l’époux, elles se sont mises en peine d’aller alimenter leurs lampes qui, sans cela, auraient manqué d’huile.  Préoccupées par les réserves d’huile, elles ont raté la rencontre. Or ce qui compte, dit en profondeur  la parabole, c’est l’arrivée de l’époux. Lui seul focalise l’attente. Et l’on peut très bien, me semble-t-il, comprendre cette parabole en disant qu’avec ou sans huile, avec ou sans réserve, il fallait être là. Car c’est la rencontre de l’époux qui importait, pas la quantité d’huile qu’on avait emmagasinée.

Cette manière de comprendre le texte a-t-elle des répercussions et des conséquences dans la vie spirituelle ? On nous conseille, à juste titre, en tirant l’enseignement de ce texte biblique placé dans la bouche même de Jésus, l’idée, qui n’est pas fausse évidemment, qu’il faut que nous cherchions à nous procurer l’huile de la foi, l’huile de l’amour, l’huile de la prière, qu’on doit avoir de quoi éclairer notre vie chrétienne. Mais ce faisant, de quoi se préoccupe-t-on ? Ne serait-ce pas davantage de l’état de notre vie spirituelle au détriment de la rencontre avec l’époux, de celui qui vient toujours à l’improviste ? Dieu n’est-il pas capable, selon les Ecritures, d’accueillir même celui qui n’a rien ? Même le pauvre ? Même celui qui est démuni ? Même celui dont la lampe serait éteinte ? Car si Dieu nous espère au rendez-vous de sa grâce, après nous être mis en route, il ne faut point s’écarter pour un motif de sécurité envisagée comme compromise.

En arrivant jusqu’à Dieu tous les dimanches, ou chaque jour de notre semaine avec un minimum d’huile, et de luminosité, si nous sommes présents à la rencontre, c’est Dieu comme ami, comme époux que nous allons découvrir, malgré que nous n’ayons pas grand-chose à lui offrir, pour ainsi dire rien. La lumière est de toutes façons plus de son côté que du nôtre.

Il y aurait donc un risque majeur de la vie chrétienne d’être occupé d’aller marchander nos réserves dans des magasins au lieu d’être là où nous sommes attendus, être présents à Celui qui se présente. Voilà le cœur de toute vie spirituelle. Cela vaut de la même manière dans la vie relationnelle, dans l’amour, dans un couple, dans l’amitié. Est-ce qu’on vient toujours à la rencontre avec beaucoup de choses à offrir ? Nos réserves d’écoute, de dialogue, de compréhension de l’autre, de service sont-elles toujours pleines ? Il y a des jours, n’est-ce pas, où on n’a pas grand-chose ! Et l’on ressemble tellement aux 10 jeunes filles…mais à l’exemple de cinq d’entre elles, quitterons-nous le cortège pour vaquer à des ravitaillements au lieu de continuer avec le peu qui nous reste ?

Le but n’est pas de disparaître ou d’être absent lorsqu’on est démuni. Dans la pauvreté, il peut y avoir un autre type de présence plus grand encore, parce que quand on a rien à donner, ni à prouver comme signe d’amour, quand on n’est plus que soi-même, seul dans la nudité, la fragilité alors la présence devient le cadeau par excellence.

Quand on n’a plus rien à exhiber, plus rien à prouver, alors on existe, on devient présence pour l’autre et c’est ce qui peut véritablement alimenter notre lampe.

Voilà, peut-être, le cœur, la pointe de cette parabole qui ne dit rien d’une capacité ou non à exhiber sa vie spirituelle en quantité mais à apprendre la richesse suffisante de la présence de Dieu, en Jésus-Christ.

Voilà qu’alors la porte peut s’ouvrir, l’événement lui-même devient le signe que l’époux ne cesse de se donner comme époux. Cette parabole nous rappelle aussi d’ailleurs que nous ne sommes pas invités à n’importe quoi, puisque nous sommes invités à des noces, c’est-à-dire à la joie d’une alliance. Si nous répondons présent à cette invitation, chaque instant de notre vie, dans le quotidien, dans sa banalité, va devenir l’entrée progressive, constante et permanente dans une joyeuse convivialité et communion avec l’époux. Et cela change la vie. C’est l’effet parabole, la Bonne nouvelle retrouvée.

Prière universelle

Dieu Notre Père, tu es là, proche – venu en ton Fils Jésus-Christ,

Tu nous annonces ton retour,

Tu es la lumière sans dé clin, pour ceux et celles qui te cherchent avec foi, intelligence ou sagesse et avec persévérance.

Nous te prions :

Fais que les baptisés, illuminés par ton Esprit-Saint, veillent à garder le don de ta Grâce, qui renouvelle leur vie et les assure de Ta promesse. Aide-les à regarder sans crainte vers l’avenir.

Accorde à celles et à ceux qui sont privés de soutien, l’aide et le réconfort que toi seul peux donner.

Délivre-nous de l’ingratitude et du mépris, du mensonge, du refus, qui portent atteinte à ta générosité sans limite.

Rends-nous vigilants, pour que nos peines, nos difficultés, nos luttes, nos morts, ne nous détournent pas de notre fidélité à t’aimer et te suivre.

Reviens sur les chemins de notre monde, pour que les égarés ou les abandonnés, celles et ceux qui sont seuls et perdus, trouvent et retrouvent le sens caché de leur vie, qui mène à ton Royaume.

Nous te rendons grâce, Dieu, notre Père,

Tu fais merveille dans la vie des hommes, nous en sommes tes témoins, renouvelle sur nous l’onction de ton Saint-Esprit, afin que nous vivions sans cesse la joie de te connaître et de te servir.

Nous te prions au nom de Jésus-Christ, ton fils, notre Seigneur et Sauveur. Amen


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