Dimanche de la Réformation 2020 : « Si le Fils vous affranchit, vous êtes réellement libres ». Extrait de la prédication.

mercredi 28 octobre 2020 0

Extrait de la prédication du pasteur Laza Nomenjanahary, Inspecteur ecclésiastique, dimanche 25 octobre 2020, à l’église luthérienne de l’Ascension, Paris 17ème

« Si le Fils vous affranchit, vous serez réellement libres » (Jean 8, 31 – 36)

Quelle joie de nous rassembler pour louer Dieu en ce jour où nous célébrons la fête de la Réformation ! Au 16ème siècle, Luther et les réformateurs ont redécouvert le message essentiel de l’Evangile de Jésus-Christ, qu’avec l’apôtre Paul, ils ont appelés « la justification par la grâce au moyen de la foi ». Aujourd’hui, nous réaffirmons le caractère pertinent et précieux de cette bonne nouvelle et voulons la partager au milieu de notre monde en difficulté.

Ce message ne date ni de nous ni du 16ème siècle ni de l’apôtre Paul, il commence par Dieu, en Christ, et il y demeure. Il nous dit que nous sommes sauvés non par ce que nous sommes ou faisons, mais par Dieu qui est et qui agit. En tous temps, à temps et à contretemps, nous devons nous occuper d’offrir à l’humanité cette Parole libératrice du Christ, confiée à l’Eglise, c’est-à-dire à nous !

« C’est pour la liberté que le Christ nous a libérés… ne vous remettez-pas sous le joug de l’esclavage » enseigne l’apôtre Paul. Dès lors, si le Christ nous affranchit, nous sommes libres. Marqués du sceau de la liberté dont la racine du mot signifie « croître sans entrave », ne sommes-nous pas tous porteurs de cette aspiration profonde ? N’est-ce pas, le rêve de chacun que le poète Paul Eluard exprime par ces vers : « Liberté, j’écris ton nom, et par le pouvoir d’un mot, je recommence ma vie, je suis né pour te connaître, pour te nommer » ?

Oui, nous sommes tous nés pour la liberté. Mais notre modernité la présente comme le moyen par excellence de s’épanouir dans la promotion du « moi », de mes propres intérêts placés en premier et à la longue m’emprisonnent. Il n’en n’est pas ainsi dans la Bible : la liberté est toujours une réalité existentielle et historique, dans le sens de la délivrance d’un peuple. Dans les Evangiles, Jésus, dont la seule force est l’amour, libère littéralement les malades, les possédés, et même les morts, de toutes les formes de malheur et de servitude. Et la grande libération dont témoignent les apôtres est celle de la captivité du péché. Si tous les hommes sont nés de nouveau, libres et égaux, c’est parce qu’ils étaient captifs et fautifs.

« Christ nous a libérés pour la liberté ». Un homme nouveau s’élance, il n’est pas seulement libéré de quelque chose, il est libéré pour vivre les actes de la vie. On n’est plus à la promotion du « moi ». Au contraire la Bible enseigne que la vraie liberté se trouve dans le fait de ne plus être esclave de nous-même et de notre nature faillible et fragile.

Luther a vécu cette expérience qu’il n’y a rien à acquérir au prix d’efforts infinis et de mérites, mais que la liberté se reçoit en don gratuit de la part de Dieu en Jésus-Christ. Le dimanche de la Réformation, il est bon de rappeler la force de la grâce, la force de l’amour de Dieu. Oui, aucune œuvre n’est nécessaire au chrétien pour son salut, pour paraitre « comme il faut » devant son Seigneur !

Dans l’épître aux Galates, Paul s’inquiète des dévoiements de la bonne nouvelle, qui n’est finalement pas encore véritablement reçue dans une communauté où règnent légalisme, sexisme et tribalisme. Ces travers n’auraient jamais dû ni ne devraient plus caractériser les Eglises. Aussi l’apôtre appelle à tenir ensemble ce qui va ensemble à cause du Christ : la justification par la grâce et le don de la liberté. La liberté chrétienne suit l’exemple de l’incarnation du Christ, le chemin qui l’a conduit au dépouillement absolu pour devenir ce que Dieu voulait qu’il fût : une bénédiction, un frère, un compagnon dans les joies et les peines des humains. Il s’agit d’une liberté altruiste, qui conçoit le « je » en relation avec le « nous ». Avec l’Evangile, laissons-nous habiter définitivement par la force d’un tel amour ! Consentons à la libération intérieure ! C’est elle qui peut fonder l’horizontalité et la verticalité de nos vies, vers Dieu et vers les autres.

« Par l’amour, mettez-vous au service les uns des autres » dit encore l’apôtre Paul. Le Christ nous appelle à inscrire notre vie dans des engagements de solidarité et de responsabilité, et c’est en la prière et la communion avec Lui que nous devons ancrer notre liberté sans cela trop fragile. Libres et libérés nous comprenons et recevons la gloire de Dieu.


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